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Écrire de bons prompts avec Claude : la méthode simple

La plupart des gens tapent une phrase floue, reçoivent une réponse fade, et concluent que Claude est surcoté. Le problème n’est presque jamais l’outil. C’est la question posée. Un prompt, c’est votre consigne. Et une consigne précise donne un résultat précis, à chaque fois.

Voici la structure que j’utilise tous les jours. Quatre morceaux. Vous pouvez la retenir en une lecture.

La règle de base : Claude fait ce que vous dites, pas ce que vous pensez

Claude ne devine pas ce que vous avez dans la tête. Il travaille avec les mots que vous lui donnez. Si vous écrivez « fais-moi un résumé », il choisit lui-même la longueur, le ton, le public. Neuf fois sur dix, ça ne tombe pas juste.

Comparez ces deux demandes.

La version floue :

Écrivez un mail pour reporter une réunion.

La version précise :

Écrivez un mail court pour reporter la réunion de jeudi 14h à lundi même heure. Le votre doit rester professionnel mais chaleureux. La raison : un imprévu client. Deux phrases maximum, en français, avec une formule de politesse simple à la fin.

La deuxième vous donne un texte prêt à envoyer. La première vous donne un brouillon générique que vous devrez retravailler. Le temps que vous croyez gagner en tapant vite, vous le perds à corriger.

Les 4 morceaux d’un bon prompt

Retenez cet ordre : rôle, tâche, contexte, format. Vous n’avez pas besoin des quatre à chaque fois, mais dès qu’une demande est importante, remplis-les.

1. Le rôle

Dites à Claude depuis quelle casquette il doit répondre. Ça oriente tout de suite le niveau et le vocabulaire.

Vous êtes un comptable qui explique à un patron de PME sans bagage financier.

La même question posée « en tant qu’expert-comptable » ou « en tant que prof qui explique à un enfant » donnera deux réponses radicalement différentes. Le rôle cadre le registre.

2. La tâche

Un seul verbe d’action clair. Résumez, rédigez, corrigez, comparez, traduisez, listez, expliquez. Évitez d’empiler cinq demandes dans une phrase. Une tâche à la fois donne un résultat net.

Comparez ces deux offres d'assurance et dites-moi laquelle est la plus avantageuse pour un célibataire.

3. Le contexte

C’est le morceau que tout le monde oublie, et c’est le plus puissant. Donnez à Claude les infos qu’un collègue aurait besoin de connaître pour bien faire le travail. Pour qui ? Dans quel but ? Avec quelles contraintes ?

Contexte : c'est pour un client au Sénégal, budget serré, il a déjà été déçu par un prestataire, donc il faut rassurer sans en faire trop.

Plus vous collez de contexte réel, plus la réponse colle à votre situation. Un mail, un extrait de document, des chiffres : tout ça nourrit la réponse.

4. Le format

Dites exactement la forme que vous voulez. Longueur, structure, langue, votre.

Format : 5 puces, une ligne chacune, en français, sans jargon.

Si vous ne précisez pas le format, Claude choisit à votre place, et souvent il en fait trop. Les gens se plaignent que « c’est trop long » alors qu’ils n’ont jamais demandé court.

Un exemple complet, les 4 morceaux assemblés

Vous êtes un responsable RH bienveillant. (rôle)
Rédigez une réponse au message ci-dessous d'un salarié qui demande une augmentation. (tâche)
Contexte : l'entreprise ne peut pas augmenter maintenant à cause d'un budget gelé jusqu'en janvier, mais le salarié est bon et on veut le garder. Message reçu : [collez le message]. (contexte)
Format : un mail de 120 mots max, votre honnête, sans fausses promesses, avec une porte ouverte pour janvier. (format)

Ce prompt-là vous sort une réponse presque publiable. Vous ajustez un mot ou deux et c’est parti.

La technique des exemples : montrez au lieu d’expliquer

Quand vous voulez un style précis, ne le décrivez pas, montrez-le. Collez un exemple de ce que vous aimez et demande à Claude de s’en inspirer.

Voici un post que j'ai adoré, notez le rythme et le ton : [collez le post].
Maintenant écris-moi un post sur le même modèle, mais sur le sujet du télétravail.

Claude imite bien mieux un exemple concret qu’une consigne abstraite. « Écris de façon percutante » ne veut rien dire pour lui. Un vrai texte percutant sous les yeux, si.

Corriger au lieu de recommencer

Votre premier prompt n’est pas gravé dans le marbre. Si la réponse rate à moitié, ne repars pas de zéro. Corrigez en une phrase :

Bien, mais raccourcis de moitié et enlève le premier paragraphe.
Le votre est trop commercial. Rends-le plus factuel, comme un rapport.

Cet aller-retour est là où se joue la qualité. Les gens qui obtiennent les meilleurs résultats ne sont pas ceux qui écrivent le prompt parfait du premier coup. Ce sont ceux qui savent recadrer en deux échanges.

Les erreurs qui gâchent un prompt

Empiler dix questions dans un seul message. Claude répond à tout en surface au lieu de bien traiter une chose. Sépare.

Rester poli au point d’être vague. « Est-ce que vous pourriez éventuellement m’aider un peu à voir » ne dit rien. Soyez direct : c’est efficace, pas impoli.

Oublier de dire dans quelle langue vous voulez la réponse quand vous écrivez un prompt en partie en anglais. Précisez « réponds en français ».

Votre mémo à garder sous la main

Avant d’envoyer un prompt important, vérifiez quatre choses. Avez-vous donné un rôle ? Une tâche claire avec un seul verbe ? Du contexte réel ? Un format précis ? Si les quatre cases sont cochées, la réponse sera bonne.

Écrire un bon prompt prend 30 secondes de plus. Ces 30 secondes vous économisent 10 minutes de correction. Faites le calcul, il tombe toujours du même côté.

Trois techniques qui font passer un cap

Une fois la structure de base acquise, trois réflexes vous font gagner encore en qualité.

Demander à Claude de réfléchir avant de répondre. Sur une tâche complexe, ajoutez « raisonnez étape par étape avant de conclure ». Il pose son analyse, puis répond. Le résultat est souvent bien plus solide que la réponse tirée d’un coup.

Lui faire poser des questions. Quand votre demande est floue, retourne la charge : « avant de rédiger, posez-moi les 3 questions dont vous avez besoin pour bien faire ». Claude cible les trous, vous les comblez, et la réponse tombe juste.

Fixer des contraintes fortes. Les limites forcent la qualité. « En 50 mots maximum », « sans utiliser le mot projet », « avec un seul exemple concret ». Une contrainte claire évite le remplissage et vous donne un texte plus net.

Un modèle de prompt à copier

Gardez cette trame quelque part, remplis les crochets, et vous aurez un bon prompt à tous les coups.

Vous êtes [rôle précis].
[Verbe d'action] : [ce que vous voulez exactement].
Contexte : [pour qui, pour quoi, contraintes, infos utiles].
Format : [longueur, structure, langue, votre].
Si une info vous manque pour bien faire, demandez-la-moi avant de rédiger.

La dernière ligne est une sécurité. Elle évite que Claude parte dans une direction en devinant à votre place. Il préfère vous demander, et vous récupèrez une réponse cadrée.

Questions fréquentes

Faut-il être poli avec Claude dans un prompt ?
La politesse ne change pas la qualité de la réponse. Elle allonge juste le message. Soyez direct, allez au but. Ce n’est pas un manque de respect, c’est de l’efficacité.

Vaut-il mieux un long prompt ou un court ?
Ni l’un ni l’autre par principe. Un bon prompt donne tout le contexte nécessaire, sans un mot de trop. Un prompt court mais précis bat un prompt long et vague.

Que faire si Claude répond à côté malgré un bon prompt ?
Ne repars pas de zéro. Corrigez en une phrase : dites ce qui cloche et ce que vous voulez à la place. La deuxième tentative tombe presque toujours juste.

Peut-on réutiliser un bon prompt ?
Oui, et c’est même conseillé. Gardez vos meilleurs prompts dans un fichier, ou mieux, transforme-les en Skill pour que Claude applique votre méthode sans que vous la recollez.

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